18 février 2008
Des livres, en veux-tu en voilà
Parce que c'est gentiment demandé sur The Yoko Blog, voici mes livres...
Il faut savoir que je suis absolument incapable de sortir d'une librairie sans emporter au moins un livre (et que je peux facilement y passer des heures, parfois même assise par terre entre 2 piles de bouquins). J'essaie de résister, et quand je me sens particulièrement faible, je préfère d'ailleurs éviter carrément certains rayons...
Dans mes bibliothèques (ben oui, une, c'est loin d'être suffisant...), on trouve donc :
des dicos et autres pense-bêtes (mais pas que)
une collection d'Agatha Christie (pas encore complète, mais j'y travaille)
d'autres policiers (surtout), et quelques classiques un peu perdus
quelques vestiges de mes (longues) études et de quoi embêter mes élèves
des livres pour enfants devant la fenêtre parce qu'il n'y a plus de place ailleurs
et même d'autres dans un sac, prêts pour mercredi !
et puis même, sur le petit meuble de l'entrée, de quoi meubler l'attente chez le medecin,
chez le coiffeur, ou au contrôle technique
Il manque encore ma vieille collection d'Astérix, restée chez mes parents, parce que vraiment ça rentre pas dans l'appart' :(
Petit jeu pour ceux qui passeraient éventuellement par ici : retrouver la place attitrée de Garcia Marquez...
13 février 2008
L'amoureux - Rebecca Dautremer
C'est la St Valentin et ... je me suis offert un cadeau! (qu'on se rassure, il y a aussi un resto en amoureux, mais ça n'empêche pas de se faire un cadeau perso)
Lors d'une de mes habituelles descentes chez un des mes dealers préférés, rayon livres de tricot cette fois (nouvelle marotte, qui a bien surpris mon homme...), j'ai zieuté en passant le présentoir St Valentin installé près de la caisse. Et je suis tombée amoureuse de la couverture de ce petit livre. Je l'ai feuilleté, et les pages intérieures étant aussi magnifiques que ladite couverture, je n'ai pas pu résister.
Il m'arrive d'acheter parfois des livres pour mes animations à l'ONE. Mais celui-ci sera pour moi et rien que pour moi. Ça fait du bien d'être égoïste de temps en temps.
L'histoire :
Ernest n'arrête pas d'embêter Salomé. Sa maman lui dit que, peut-être, Ernest est amoureux d'elle. Mais ça veut dire quoi, amoureux? Dans la cour de récréation, chacun croit savoir...
Au-delà de l'histoire, toute mignonne, ce livre est une pure merveille. Les dessins sont à tomber, je l'ai déjà dit, très poétiques. Le texte joue sur les caractères, le gras, la mise en forme, ce qui le fait "coller" parfaitement aux illustrations. Et le tout est très... rouge ! Je ne pouvais qu'aimer!
L'amoureux, Rébecca Dautremer, Gautier-Languereau
30 janvier 2008
L'élégance du hérisson - Muriel Barbery
L’élégance du hérisson est un livre à 2 voix.
Celle de Paloma, 12 ans, douée et malheureuse, coincée dans un immeuble bourgeois et une riche famille bon chic bon genre mais tellement vaine, et qui a décidé qu’elle se suicidera le jour de son treizième anniversaire (en réduisant au passage en cendres l’appartement familial).
Celle ensuite de Renée, la concierge du même immeuble. 54 ans, veuve, à peine remarquée par les habitants, si ce n’est pour venir réclamer leur courrier, râler sur le manque d’arrosage des plantes vertes, ou faire réceptionner des colis. Renée se rit des stéréotypes de la profession et brouille les pistes en cachant, sous des dehors de concierge classique, sa culture, son goût pour la littérature russe, le cinéma japonais, et la grammaire. Elle a remplacé le caniche ici attendu par un chat, prénommé Léon, en hommage à Tolstoï. Depuis des années, elle dissimule ainsi sa culture et sa véritable nature, pour avoir la paix. Arrive alors dans l’immeuble un nouvel habitant, qui voit clair en elle et l’invite à dîner…
Je pourrais dire que j’ai beaucoup aimé l’histoire, faite de petits riens, de réflexions, de souvenirs. Ou que j’ai apprécié l’alternance entre Renée et Paloma. Chacune a son style, ses centres d’intérêt, sa façon de s’exprimer. Ou encore que c’est bien écrit, que les phrases sont élégantes, le vocabulaire varié et recherché, que les réflexions de Paloma sont très drôles.
Mais ce serait loin d’être suffisant. Car par-delà l’histoire... Ce livre est une petite merveille : drôle, intelligent, sensible, charmant… Il est, je trouve, à l’image de son titre… Élégant. Il m’a donné envie de lire les grands auteurs russes, d’apprécier le thé… et d’adopter de nouveau un chat !
Mais bien plus, il m’a donné envie d’en donner envie. Plusieurs fois, j’en ai lu des extraits à mon homme. D’abord parce que c’est toujours mieux de rire à deux que seul. Ensuite parce que derrière l’humour et le rire de certains extraits se cachent… quoi donc ? Du bonheur, de la beauté, de la culture, du raffinement, toute la vie et son sens, l’espoir, la frustration et la déception, l’amitié, l’amour et la solitude… Mais il y a aussi, à chaque ligne, la crainte de voir diminuer le nombre de pages encore à découvrir, le désir et le plaisir d’en prolonger la lecture. Le temps semblait en quelque sorte suspendu. Je ne me souviens pas d’avoir ressenti un tel bonheur durant mes précédentes lectures, d’avoir voulu ainsi le prolonger et l’étirer au maximum. D’avoir ressenti autant ce qu’est la vie. D’avoir eu envie de remercier l’auteur pour ce moment de pur bonheur et de lui demander « Encore ! Encore Renée, le chat, les films…Encore un livre ». Que c’est dur de refermer ce roman, de quitter Paloma et Renée (surtout), et de sécher très vite cette larme au coin de l’œil.
16 janvier 2008
La nostalgie de l'ange - Alice Sebold
Ce n'est pas de ce livre que je pensais parler mais je viens de le terminer, donc, voila.
L'ange, c'est Susie, 14 ans, violée et assassinée par un voisin. Depuis son paradis, elle observe son entourage. On assiste donc à travers elle, à l'enquête sur sa disparition, à la recherche de son corps, aux réactions des personnes qu'elle a quittées. On voit à quel point cet événement peut avoir des répercutions sur sa famille, des amis, y compris sur ceux qui n'étaient pas si proches d'elle de son vivant, à quel point il est difficile pour ceux qui restent de se reconstruire une vie, de rester unis malgré le chagrin. On assiste aussi à la nostalgie de Susie, sa solitude, son sentiment de manque et son désir de retrouver sa famille, de les sentir à nouveau près d'elle, de se faire entendre d'eux, et de vivre toutes ces expériences dont elle a été privée.
Deux points positifs. L'auteur évite le "trash" et la sensiblerie que l'on pourrait craindre au vu du sujet. Il y a bien sûr des passages "cru", d'autres tristes, mais ils ne submergent pas le récit.
Cependant, alors que les critiques parues à l'époque de sa sortie m'avaient donné envie de le lire, ce roman m'a fortement déçue. Je n'ai pas accroché aux personnages, ni à la façon dont c'est écrit. Le récit comprend de nombreux retours en arrière, au gré des souvenirs de Susie, mais, me semble-t-il, de façon décousue, sans que l'on en comprenne toujours le sens. J'ai également éprouvé des difficultés à accepter la réalité de certains personnages et de leurs réactions. Je ne parle pas du fait que Susie est présente, qu'elle observe tout du paradis, c'est la base du roman, son préalable, et heureusement je l'ai admis sans problème. Mais, il me semblait par exemple que le petit frère de Susie, âgé de 4 ans au moment de sa disparition, ne parlait pas comme un enfant de cet âge. Cela me donnait une impression d'irréalité, qui m'empêchait de me "plonger" vraiment dans le roman. Et alors que j'aurais pu craindre de fondre en larmes, étant donné le sujet, le livre m'a très rarement émue. Et je n'arrive pas à expliquer exactement pour quelles raisons. Pas parce que l'histoire est fausse, même si elle ressemble à des faits réels; ça ne m'a jamais empêchée de ressentir des émotions, de la tristesse par exemple. Ça doit tenir au style, à cette impression d'irréalité parfois...
La nostalgie de l'ange n'en reste pas moins un livre permettant d'aborder un thème difficile d'une manière ni crue ni mièvre, de penser notre rapport à la vie, à la mort, à ceux qui nous ont quittés, de penser le renoncement qu'implique le deuil, et la vie qui peut, malgré tout, y faire suite.
13 janvier 2008
Les yeux jaunes des crocodiles - Katherine Pancol
C'est le titre, énigmatique, et la couverture super colorée qui m'ont attirée, lors d'une de mes dernières razzia livresques.
Les yeux jaunes des crocodiles raconte quelques mois de la vie de deux soeurs que tout, ou presque, sépare.
Joséphine, timide, effacée, quelconque. Spécialiste du Moyen-Âge, chercheuse au CNRS, elle vit en banlieue, en attendant de pouvoir s'offrir mieux, en ressassant les remarques, moqueries, mesquineries qu'elle subit depuis son enfance. Mariée et mère de deux filles, elle découvre que son mari la trompe. Se retrouvant alors seule pour élever ses filles, c'est à elle maintenant de se débrouiller pour joindre les deux bouts.
Iris, la quarantaine rayonnante, belle, superficielle, mariée à un homme riche et mère d'un garçon qu'elle connaît à peine. Spécialiste en soldes de luxe et massages relaxants, voila qu'elle s'ennuie et manque de reconnaissance. Au cours d'un dîner, elle prétend écrire un livre... dont l'action se déroule au XIIè siècle. Prise au piège de son mensonge, elle demande à sa soeur de l'aider.
L'une signera le livre, en fera la publicité et gagnera la reconnaissance tant attendue, l'autre l'écrira dans l'ombre et empochera ses bénéfices. Peinant à payer les dettes que lui a laissées son mari, Joséphine accepte de se plier à la supercherie.
Autour d'elle, des personnages secondaires drôles, attachants, ou crispants. La mère rigide, froide, calculatrice et culpabilisatrice. Le vieux beau-père chaud lapin qui rêve d'avoir enfin un fils. La fille aînée, petite peste qui mériterait bien une bonne paire de gifles pour lui remettre les idées en place. Shirley, la voisine et amie, toujours prête à secouer Joséphine entre deux gâteaux devant une tasse de thé. Et puis, les crocodiles...
Alors, c'est bourré de bons sentiments, mais tellement bien écrit que ce n'est pas gnangnan. C'est un gros pavé, mais qui "coule" tout seul, ça se lit très vite. Ce roman parle de thèmes connus et reconnus (l'amour, la reconnaissance, la solitude, l'argent, les liens familiaux, l'amitié, tout ce qui nous façonne et peut bousiller, parfois pour très longtemps, la confiance en soi, tout ce qui peut aussi nous faire dire qu'on a réussi, qu'on est heureux de ce qu'on a). Les personnages sont si bien croqués que l'on y croit, on réagit (pitié, que je n'aie jamais une fille comme Hortense!). C'est un roman qui, tout en nous divertissant, nous fait réfléchir à ce que l'on voudrait faire de notre vie, à ce qui est le plus important pour nous, à nos critères de réussite.
Deux critiques cependant. J'ai nettement moins accroché aux passages qui donnent son titre au roman. Question d'intérêt, sans doute. Et j'étais parfois exaspérée par l'attitude de Joséphine à l'égard de son mari. Il la trompe, fait, en partant, un emprunt qui la fout dans la merde, et elle semble lui chercher sans cesse des excuses. J'ai eu l'impression que, de peur de tomber dans le piège "tous les hommes sont des pourris", l'auteur en a trop fait dans l'autre sens. Et je trouvais cela artificiel. Mais c'est totalement subjectif. Et ça n'a pas gâché mon plaisir.
18 août 2007
Eloge de la patience
Ça y est! Je l'ai! Après 3 semaines de rupture de stock chez tous les dealers de la ville, je l'ai trouvé. Maman a pu me l'offrir symboliquement pour mon anni, hier. Il m'attend bien gentiment sur la table du salon. Bientôt, je pourrai à mon tour m'en délecter et savourer mes morceaux préférés.
Qui? Quoi? Non, pour une fois, ce n'est pas du chocolat (encore que le gâteau d'hier soir était plutôt pas mauvais...).
Qui alors? Lui :
07 juillet 2007
Petit craquage littéraire de fin de semaine
Y a pas que les fringues dans la vie! Y a les livres aussi! D'ailleurs, si les libraires pouvaient se mettre à la mode des soldes, ça m'arrangerait bien...
Quelques petits achats hier, pour les vacances :
- La petite marchande de prose et Messieurs les enfants, de Daniel Pennac. Déjà lus plusieurs fois, mais toujours en les empruntant ; j'ai décidé de compléter ma collection.
- Les yeux jaunes des crocodiles, de Katherine Pancol. Une femme persuade sa soeur d'écrire un livre qu'elle signera à sa place. Une brique, achetée un peu sur un coup de tête, parce que j'ai vu (même pas lu...) des critiques à plusieurs étoiles, et parce que la couverture m'a attirée.
- Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepulveda. 3 fois que je le prends et que je le repose. Cette fois, c'est fait!
Je voulais trouver aussi L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon (sur les conseils d'Anna) ainsi que L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery; mais pas trace d'eux dans les rayons. Ce sera pour une autre fois...
06 juillet 2007
Da Vinci Code vs Le testament des siècles
Oui, bon, ce n'est sans doute plus très utile de parler du Da Vinci code :tout le monde l'a lu, tout le monde a son avis, tout le monde adore ou déteste. Mais voila : Le testament des siècles me semble moins connu. Pourtant, dans le genre, j'ai préféré celui-là.
A ma gauche : Dan Brown et le Da Vinci code. Une machine de guerre, un marketing d'enfer. Je l'ai lu, ben oui. Pas immédiatement après sa sortie cependant : tout ce bruit ne m'attirait pas, et les critiques étaient nombreuses, tant sur le fond que sur la forme. Mais j'adore le Louvre, et il est sorti en poche : j'ai donc succombé. Et je ne l'ai pas lâché, c'est vrai. En cause, la construction de livre : des chapitres très courts, se terminant par un point d'interrogation (le personnage ouvre une porte, une enveloppe, et tout le monde de se demander qui, quoi, quand, pourquoi). Mais la réponse ne se trouve généralement pas dans le chapitre suivant, consacré à un autre personnage. Il faut donc attendre. Sachant qu'entre temps, un autre chapitre s'est achevé lui aussi sur une énigme... Une spirale infernale qui vous fait tenir jusqu'à 2h du matin. Au bout de 400 pages de ce traitement, je trouvais quand même ce procédé très lourd, et je ressentais une furieuse envie de lui donner des baffes, à l'ami Dan. En outre, je n'apprécie pas le fait qu'il présente son roman comme un ensemble de vérités historiques (voir sa préface). Et enfin, bien que m'ayant donné l'envie de retourner visiter le Louvre (je pourrais y passer des journées entières) et de (re)voir certaines oeuvres citées ou décrites dans le livre, il me donnait parfois l'impression désagréable de considérer le lecteur comme un abruti qui ne sait rien, ne comprend rien, et à qui lui, le grand Dan, va tout expliquer car il sait. Enfin, en ce qui concerne la polémique entourant le roman et les thèses qui y sont présentées : ce n'est qu'un roman, quoi qu'en dise l'auteur. Impressions mitigées donc. Ce n'est pas de la littérature, mais sur la plage, ça se laisse lire (le problème est que, sur la plage, le lecteur ne dispose pas d'une encyclopédie et d'internet pour se plonger dans le Louvre et les oeuvres d'art).
A ma droite : Henri Loevenbruck et Le testament des siècles. J'avais trouvé trace de roman par hasard, sur internet, et je l'avais cherché en vain dans mes librairies habituelles. J'ai enfin mis la main dessus, totalement par hasard, en attendant l'embarquement au retour des dernières vacances. Et franchement, j'ai préféré. La trame est ressemblante : un homme meurt (accident? meurtre?) alors qu'il menait des recherches en rapport avec le christianisme et Léonard de Vinci. Son fils mène l'enquête et découvre que son père était à 2 doigt de découvrir un message caché du Christ, codé par Léonard à l'intérieur de sa Joconde. Les personnages m'ont semblé plus travaillés, plus complexes, le récit est moins "découpé" que le Da Vinci code. Et Loevenbruck aborde la construction des machines de Vinci. Et surtout, il évite de présenter son travail d'écrivain comme des vérités historiques, comme le récit d'un complot véritable, et de jouer au professeur d'université.
Restent pas mal de similitudes : le héros quitte les États-Unis pour mener l'enquête en France, l'héroïne s'appelle Sophie, on les suit à Paris, en Angleterre, la police est sur leurs traces, et la trame de l'histoire elle-même est semblable. Hasard? Inspiration? Le testament des siècles précède en tout cas le Da vinci code. Et à la lecture, j'ai préféré le Testament.
Pour les amateurs de romans mêlant art et enquêtes policières : Iain Pears, que j'adore, et dont je parlerai sans doute, à l'occasion.
Rien à voir avec le sujet de ce billet mais... Qu'est-ce qu'il est chic, Federer, dans son beau costume, à Wimbledon!
Images : Amazon.fr et Openfiness.fr
28 juin 2007
Vous descendez ? - Nick Hornby
Alors qu'à Londres sonne l'heure de la nouvelle année, 4 personnes se retrouvent sur le toit d'un même immeuble. Elles ne se connaissent pas; c'est leur projet suicidaire qui les a menées là. Le dialogue s'installe, plus ou moins facilement, et tous les 4 décident de reporter leur projet de quelques mois, de se voir régulièrement d'ici-là, et sauteront ceux qui en éprouvent encore le souhait.
Aussi différents que possible, dans leur langage, leurs expériences, leur milieu, ces 4 (anti-)héros vont apprendre à se connaître, découvrir la vie des uns et des autres, leurs déceptions, les raisons de ce passage à l'acte.
De ce sujet noir, Nick Hornby tire un roman parfois drôle et, me semble-t-il, jamais mélodramatique. On ne hurle pas de rire, bien sûr, mais certaines phrases font sourire, amènent des souvenirs, font naître des images. L'auteur évite les écueils du "tout le monde est pourri, nous sommes de pauvres victimes innocentes". Il montre les différentes facettes de ses personnages, aucun n'étant tout noir ni tout blanc, chacun pouvant se montrer tantôt attachant tantôt exaspérant. Il parle de relations humaines, de leur importance, de leur nécessité, même si elles sont inadaptées, ou maladroites. La fin n'est ni un happy end improbable, ni une tragédie, mais simplement une fin "de la vraie vie".
Le recours au roman à 4 voix (le narrateur changeant à chaque chapitre -assez court) peut déstabiliser au début, mais les personnages me semblent suffisamment définis, leur langage et leur vocabulaire assez différenciés, pour ne pas se perdre en cours de route. De plus, ce passage de l'un à l'autre permet de "vivre" chaque personnage de l'intérieur, et non pas dans le regard des autres, ce qui permet un développement intéressant de chacun d'eux et de leurs rapports. Reste que certains d'entre eux utilisent un langage assez grossier (mais ça fait partie de l'histoire) que tous n'apprécieront peut-être pas.
En outre, l'identification aux personnages m'a paru difficile. Entre une quadragénaire, mère célibataire d'un fils handicapé, un animateur télé déchu, un musicien américain et une jeune fille de 18 ans, pleine d'alcool, d'amertume, grossière, en conflit avec ses parents et tellement insupportable qu'on lui donnerait volontiers une gifle, je n'ai pas trouvé mon compte.
Certains rebondissements auraient selon moi pu être évités. Ce qui n'empêche pas le roman de se laisser lire; on veut savoir ce qui arrivera aux personnages, comment ils s'en sortiront, si leur comportement changera. On réfléchit aussi, parfois, à ce qui est vraiment important pour nous, à ce qui compte dans notre vie.
Bref, une bonne petite découverte, mais qui ne sera pas mon livre préféré.
23 juin 2007
Oscar et la dame rose - E.E. Schmitt
12 lettres adressées à Dieu par Oscar, 10 ans, durant ses derniers jours à l'hôpital.
12 lettres qui disent sa vie à l'hôpital, ses amis (chacun désigné par un nom résumant sa maladie), Mamie Rose, vieille dame qui lui rend visite chaque jour et lui raconte de mémorables combats de catch, mais lui apprend surtout à affronter l'idée de la mort, à se réconcilier avec ses parents (à l'approche de la mort, ceux-ci ne savent comment réagir et ont, de ce fait, tendance à éviter le regard de leur fils), et à imaginer sa vie dans la durée.
12 lettres qui racontent ses dernières journées, chacune représentant 10 ans de sa vie.
Oscar raconte ainsi, jour après jour, comment il vit, par tranches de 24h, son enfance, son adolescence, ses 20 ans, le démon de midi... Et c'est fou comme c'est bien exprimé! Avec des mots d'enfant, beaucoup de tendresse, d'émotion mais aussi d'humour. Ce sacré Oscar a le chic pour nous faire sourire là où l'on devrait sangloter, et va jusqu'à secouer son médecin qui ne pourra selon lui exercer ce métier très longtemps s'il se reproche les échecs de la médecine.
"Aujourd'hui, j'ai vécu mon adolescence et ça n'a pas glissé tout seul. Quelle histoire! J'ai eu plein d'ennuis avec mes copains, avec mes parents et tout ça à cause des filles. Ce soir, je ne suis pas mécontent d'avoir vingt ans parce que je me dis que, ouf, le pire est derrière moi. La puberté, merci! Une fois mais pas deux!"
"Il faut distinguer deux peines, mon petit Oscar, la souffrance physique et la souffrance morale. La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit."
De 30 à 40 ans: "Une journée famille. J'ai adopté Mamie-Rose, j'ai bien sympathisé avec mes beaux-parents et j'ai récupéré ma femme en bonne santé, même si, vers onze heures, elle devenait rose."
"Aujourd'hui, j'ai eu de quarante à cinquante ans et je n'ai fait que des conneries."
Un livre très beau, simple et émouvant, à la fois grave et tendre, qui laisse les larmes aux yeux en le refermant, et l'envie de dire que la vie n'est qu'un prêt. Qu'il ne faut donc pas attendre pour dire à ceux qui nous sont proches qu'on les aime. Qu'il ne faut pas remettre à plus tard, mais profiter maintenant de ce qui nous est donné. Que le secret est, comme l'écrit Oscar, "regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois", mais peut-être aussi la dernière.















